Ordre et Désordres: Les Dessous d’une Médecine autoritaire

Ordre et Désordres: Les Dessous d’une Médecine autoritaire

8 novembre 2013: Sylvie Simon tirait sa révérence à l’âge de 86 ans laissant derrière elle une lutte acharnée pour dénoncer les travers de notre système de santé. La journaliste engagée venait de publier « Ordre et Désordre », un essai sur une médecine « de masse » fondée sur la rentabilité.

« Toute personne ayant du pouvoir est portée à en abuser ».  

(Montesquieu)

La Nature n’est pas rentable! Vive la chimie!

La Nature étant notre bien le plus précieux, il est heureusement interdit aujourd’hui de breveter le vivant pour se l’approprier à des fins commerciales. Face à cette évidence, les laboratoires pharmaceutiques n’ont aucun intérêt à financer un remède à base de plantes que la concurrence ne tarderait pas à copier aussitôt. Les laboratoires créent alors une molécule chimique inédite qu’ils vont ensuite pouvoir breveter et commercialiser pendant les vingts prochaines années jusqu’à devoir en repenser une nouvelle. Vingts années de prospérité financière pour une molécule qui n’est souvent pas plus efficace que la précédente quand elle ne se révèle pas également plus dangereuse pour la santé. Les Pr Even et Debré ont tenté à cet égard d’alerter l’opinion publique dans leur Guide des 4000 médicaments inutiles,  ce qui leur a valu une suspension immédiate de l’exercice de leur fonction. A ce jour, 50% des médicaments n’auraient aucune utilité et 20% d’entre eux présenteraient des risques importants pour la santé, .

L’ère du Tout médicament reste infiniment lucrative

Il est aujourd’hui reconnu que la France reste l’un des plus gros pays consommateurs de médicaments en Europe. L’agonie financière de la sécurité sociale depuis bon nombre d’années suffirait presque à en témoigner. Parmi une palette de stratégies marketing détenues par les industriels, une consiste à baisser progressivement les valeurs seuil de diagnostic du cholestérol afin de faire croire que de plus en plus de gens souffrent de cholestérolémie. En poussant les médecins à prescrire un maximum de statines, les anti-cholestérol représentent une manne financière importante, soutenue par l’ère de la malbouffe qui accrédite sans effort leur importance. Or cette molécule à l’efficacité contestable provoque également des effets désastreux sur le système musculaire des consommateurs. En prétendant soigner une pathologie, l’industrie pharmaceutique crée parallèlement de nouvelles maladies qu’elle dira prendre en charge avec d’autres traitements tout aussi coûteux et controversés. La dépendance du patient aux médicaments s’instaure progressivement et l’avenir de l’industrie pharmaceutique est ainsi pleinement assuré.

La iatrogénie médicamenteuse: quand se soigner devient mortel

L’avidité des laboratoires mène à des conséquences relativement meurtrières, bien que cet état de fait soit largement dissimulé à l’opinion publique. A la fin des années 90, le centre de pharmacovigilance à fait part d’un rapport accablant sur la iatrogénie médicamenteuse à tous les professionnels de la santé. La iatrogénie médicamenteuse représente alors près de 18 000 décès par an liés à une mauvaise absorption des médicaments, soit deux fois plus que le nombre de morts annuel sur nos routes. Les médecins n’ont en général qu’une connaissance superficielle des interférences entre les molécules qu’ils prescrivent et le recul nécessaire sur les nouveaux remèdes mis sur le marché continue à faire défaut.

L’intérêt des laboratoires: un défi pour la santé publique

Dans la grande majorité, les laboratoires financent eux-mêmes les tests sur les médicaments qu’ils ont créés alors qu’ils devraient faire appel à une instance extérieure et neutre. De ce fait, certains manipulent le taux d’efficacité de leur produit et ne tiennent pas compte des éléments négatifs qu’ils ont pu relever. Notons aussi que l’industrie pharmaceutique française a largement fermé les yeux pendant des années sur les conséquences catastrophiques du Médiator dans ses pays voisins. Le Benfluorex qui est le principal composant du Médiator avait été retiré du marché suisse plus de dix ans avant que la France ne se décide à ne plus le commercialiser. D’autre pays comme l’Italie et l’Angleterre s’étaient également inscrits dans une démarche préventive similaire peu de temps après les premiers effets négatifs révélés. Entre temps, près de deux-mille victimes malades à vie, dont plusieurs centaines de décès auraient pu largement être évitées dans nos frontières.

Une diabolisation insidieuse des thérapies alternatives

Plus de 49% des français se tournent vers des méthodes de santé alternatives pour le confort, l’écoute et l’efficacité qu’elles leur procurent. Un réalité qui dérange le système médical actuel qui tente par tous les moyens de s’imposer comme étant la seule thérapie acceptable, fiable et tolérée. Pour ce faire, la médecine conventionnelle se réclame en permanence de la sacro-sainte science pour renforcer sa légitimité. La création d’instances antisectes est alors vouée à décrédibiliser la sphère alternative en interpellant constamment sur ses éventuels dangers. Pour Georges Fenech, ex-directeur de La Miviludes (La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), « Tout ce qui est naturel peut cacher en partie des dérives sectaires ». L’amalgame sciemment fait entre thérapies conventionnelles, dérives thérapeutiques et groupuscules sectaires entretient un climat de méfiance et de suspicion sur lequel repose tout l’intérêt des lobbies pharmaceutiques. Contrairement à la médecine conventionnelle qui ne soigne que les symptômes, les médecines alternatives perçoivent le corps dans sa globalité et vont chercher davantage à comprendre l’origine du problème pour mieux cerner la pathologie. Elles sont  d’ailleurs souvent sollicitées dans la gestion de maladies chroniques que beaucoup de patients cherchent à soulager sans l’intervention de médicaments aux effets secondaires conséquents. Ainsi, toute thérapie non admise aussi efficace fut elle mettant en danger les affaires des industriels reste une menace à éliminer.

La vaccination, un marché rentable à protéger

Lors du colloque parlementaire de 2009, la vaccination en France représentait un marché colossal de 570 millions d’euros. Rien d’étonnant à ce que l’industrie pharmaceutique martèle que le rapport bénéfice/risque des vaccins reste favorable. Pourtant, l’efficacité de la vaccination et sa potentielle dangerosité divisent depuis toujours au sein même des professionnels de santé. C’est en tout cas ce que rapporte Roselyne Bachelot à ce même colloque de 2009 alors qu’elle était à la tête du ministère de la santé: « 58% des médecins s’interrogent sur l’utilité des vaccins et 38% s’interrogent du point de vue de leur sécurité ». Il en est de même pour bon nombre de virologistes, biologistes et immunologistes qui restent relativement dubitatifs sur la question. Le désamour évident des français pour la vaccination engage les laboratoires à diffuser des campagnes de prévention fortes, fondées sur la peur et la culpabilisation. C’est le cas notamment du déjà très controversé vaccin contre le papillome à virus, où un parallèle entre « amour maternel » et « nécessité de faire vacciner sa fille pour la protéger » est clairement établi. Les manipulations de la Miviludes se poursuivent quand elle affirme que, « certains groupes à caractère sectaire refusent les soins préventifs que constitue la vaccination ». Ainsi, la liberté d’opinion.et le droit de réserve concernant la vaccination sont immédiatement qualifiés de dérives afin de couper court à un débat qui pourrait déranger.

Le culte quasi religieux de l’allopathie 

En 1998, l’écrivain franco-suisse Olivier Clerc publiait un ouvrage dans lequel il réclamait une nette séparation de l’allopathie et de l’Etat. L’analogie entre la médecine conventionnelle et la religion trouve son sens dans la mesure où l’Etat a fait de cette thérapie le seul mode de soin officiel et fiable pour les malades. Pour l’auteur de Médecine, religion et peur « la médecine allopathique n’est qu’une médecine parmi de nombreuses autres.(…) Il n’est pas plus justifié aujourd’hui que cette médecine bénéficie d’un tel soutien de l’Etat que d’imaginer l’Etat encore lié à telle église ou telle religion ». Dans une démocratie qui se réclame de la laïcité et de la tolérance envers les différentes croyances et appartenances religieuses, on peut s’étonner que la médecine ne bénéficie pas aujourd’hui d’un traitement similaire. Seuls les enjeux financiers de notre système de santé semble justifier cette diabolisation acharnée de thérapies séculaires dont les bienfaits ont pu être largement vérifiés par le passé et au delà nos frontières. 

L’incroyable mise à mort des médecins rebelles à l’Ordre

Bon nombre de thérapeutes ont tenté vainement de se dégager de l’emprise de l’Ordre des Médecins. Soucieux du bien être de leurs malades et conscients des limites de leur médecine, la volonté de prendre en charge la souffrance autrement leur a généralement coûté très cher! Qu’importe l’efficacité du traitement apporté à leur patient désespéré, la non obéissance au protocole de soin habituel conduit irrémédiablement au suicide professionnel. On peut citer le cas du docteur Melet, épidémiologiste et lanceur d’alerte sur le lien entre pathologies chroniques graves et intoxication aux métaux lourds. Sa prise en charge extrêmement efficace de ses patients ne lui a pas évité l’acharnement de l’Ordre qui l’a destitué de ses fonctions. Par une méthode de chélation non dangereuse et extrêmement bénéfique, le Dr Melet ramenait les malades à la vie, osait mettre des mots sur l’origine de leurs souffrances. Une approche évidemment singulière pour le corps médicale traditionnel qui ne se contente que de poser un diagnostic sans traiter l’origine du problème. Suite à l’acharnement psychologique intolérable exercé par l’Ordre durant de nombreuses années, le Dr Melet a mis fin à ses jours en 2005.

Sylvie Simon, le combat pour la transparence

Sylvie Simon nous a quitté le 8 novembre dernier, après des années de combat pour rendre publiques les nombreuses dérives et scandales sanitaires. Loin de se contenter d’une plate dénonciation, la journaliste proposait également de nombreuses alternatives afin que chacun puisse se réapproprier dignement sa santé. Ses essais précis, finement documentés lui ont permis d’obtenir de nombreux soutiens auprès des professionnels de la santé. Elle nous laisse en héritage une oeuvre généreuse pour ne jamais oublier les désastres d’une soviétisation progressive de la médecine.

Source

Simon, Sylvie- Ordre et Désordres, Quand la médecine de bon sens se heurte au harcèlement administratif- Editions Mosaïques Santé – 2012 – 17, 90 e

 


3 Comments

  1. Bravo pour cet article. Qui aujourd’hui parmi les politiques est lucide sur cette situation, ou meme dans les associations ?

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  2. Merci Alexandra pour cet hommage à tous ces professionnels militants dont le combat pour faire reconnaître les dangers que représentent les uns et les bénéfices qu’apportent les autres est devenu malheureusement politique… Un article (une fois de plus) efficace et très bien référencé. J’adhère !

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    • Merci beaucoup Carole ! votre commentaire me touche beaucoup !
      Je suis ravie qu’il vous ait plu ! 🙂

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