Le questionnaire de Proust Bio par Nouv’elle Nature

Le questionnaire de Proust Bio par Nouv’elle Nature

Sur le modèle du questionnaire de Proust Bio proposé par le journal Le Parisien à l’ancien porte-parole de la Confédération paysanne et député  européen José Bové, je me prête à mon tour au jeu du portrait « écolo et engagé » sans concession … 

visuel nouvelle nature

Alexandra Charton, rédactrice et créatrice de Nouv’elle Nature

Quel est votre héros écologiste ?

S’il m’était possible de ne pas me limiter à un seul et unique héros, je dirais que trois grands acteurs de l’écologie concrète et positive ont largement influencé mon mode de vie et ma réflexion sur le monde: Le philosophe et agriculteur Pierre Rabhi, le militant anti-speciste Paul Watson et l’écrivain, photographe et moine bouddhiste Matthieu Ricard . Le premier, pour son amour et ses connaissances de la terre, son humilité inspirante et son regard rassurant et lumineux. Paul Watson, pour son combat acharné pour la protection des océans et des mammifères marins continuellement menacés. Matthieu Ricard enfin pour sa sagesse et son engagement en faveur d’un bonheur universel et d’un respect du vivant dans sa globalité. Tous à leur manière tachent de nous inculquer des notions d’amour, de simplicité et de respect du monde qui nous entoure. Tous condamnent le traitement que nous infligeons à nos semblables, mais aussi aux autres espèces que nous considérons de manière incompréhensible comme inférieures et indignes de vivre. Grâce à eux, j’ai tenté de revenir au coeur des choses, à ce que l’on peut aussi appeler la logique même de la vie. Ils sont aussi des éveilleurs de consciences qui ont une approche saine des différentes questions éthiques, sans jamais tomber dans la culpabilisation ou l’arrogance. C’est pour cette raison même que leur parole a aujourd’hui plus de portée et de valeur que les discours politiques dont on nous accable quotidiennement.

La chose ou la personne qui vous a éveillé à l’écologie ?

Des trois personnalités précédemment citées, c’est Matthieu Ricard qui a su m’ouvrir en premier à une nouvelle vision de l’existence grâce à son livre Plaidoyer pour le Bonheur. Il va de soi qu’on ne vient pas vers ce genre d’ouvrage par hasard et qu’il offre un vrai remède à ce qu’on pourrait nommé l’angoisse existentielle et l’incompréhension du monde tel qu’il nous est proposé. Quand d’autres préfèrent la religion, l’alcool ou les anti dépresseurs pour atténuer leur mal-être, j’avais plutôt besoin d’une parole qui m’élève sans m’enfermer dans des dogmes. Une parole qui nous montre qu’il est possible de pouvoir évoluer utilement dans ce monde sans se rendre continuellement malade. L’ouvrage de Matthieu Ricard a été déterminant dans mon parcours et mes choix de vie… ce qui m’a menée par la suite à me familiariser avec d’autres illustres noms comme Eckart Tolle, Pierre Rhabi, Fréderique Lenoir, Jean Marie Pelt et bien d’autres …

Le paysage que vous préférez ?

Un paysage touffu et très vert comme ceux que l’on trouve dans le massif du Morvan par exemple. Une nature vibrante et vivante avec des animaux … beaucoup d’animaux.

Votre coin de nature préféré ?

Un coin où différents paysages, couleurs et formes se côtoient sans jamais se mélanger. Comme lorsque l’on est au sommet de la dune du Pilat et que nos yeux embrassent à la fois une forêt de Pins, un désert de sable fin, le bleu de l’océan déchaîné et le ciel à perte de vue. Quel panorama extraordinaire.

Que détestez-vous le plus dans la nature ?

Dans la Nature « terrestre » tout est bon à prendre et la beauté est omniprésente… Tout le contraire de la Nature « humaine » en somme.

Si vous étiez une rivière ou un fleuve ?

Une rivière… pas un fleuve. Je préfère en effet ce qui est discret et auquel on n’a pas facilement accès. C’est toujours une surprise lors d’une promenade, de découvrir une rivière, sa fraicheur et son bruit, sa puissance parfois aussi. Je serais sans doute l’Ardèche car l’environnement y est tout à fait plaisant et le soleil toujours au rendez-vous.

Votre élément naturel préféré ?

L’eau, parce qu’elle est à l’origine de tout et qu’elle nous rend profondément modeste. Qui n’a jamais été ému, voire impressionné devant une vaste étendue d’eau. On est finalement bien peu de chose lorsqu’on est face à elle.

Votre moyen de transport préféré ?

La marche, parce qu’elle est un moyen de transport gratuit, dynamisant et excellent pour la santé.

La pollution qui vous insupporte ?

La pollution de tous les jours, celle que les industriels glissent consciemment dans tous nos produits du quotidien et qui sont à l’origine de nos maladies modernes. Qu’il s’agisse de nourriture, produits d’hygiène ou d’entretien, tout ce que l’on nous vend consiste à nous faire évoluer dans un environnement toxique pour nous, nos enfants jusqu’à nos animaux qui commencent à attraper les mêmes maladies que leurs maîtres.  Des alternatives saines existent évidemment, mais il est dommage qu’il faille être un minimum conscientisé pour y avoir accès aujourd’hui. Le système de pression que représente la publicité est colossal et il n’est pas toujours évident d’être visible face à ces géants industriels.

Votre cochonnerie (consumériste) préférée ?

Mon environnement est à 90% bio, éthique et réfléchi lors de mes achats. Mais je dois reconnaître qu’il m’est parfois difficile de me limiter aux seuls vêtements en fibres biologiques ou made in France. En effet, le budget pour se vêtir « responsable » est encore trop souvent inabordable et les modèles proposés pas toujours très attrayants non plus. Heureusement, aujourd’hui, quelques marques commencent à se distinguer et ma garde-robe est continuellement en transition, notamment pour me tourner vers des accessoires (chaussures, ceinture, sac) en matière végétale et non animale!

La nourriture que vous avez éradiquée de votre cuisine...

La viande… Pour la simple et bonne raison que j’envisage mon « régime » alimentaire tel que je pourrais le vivre dans mon état de nature. En effet, il me serait tout à fait impossible de tuer une vache, un cochon, une poule ou autre animal pour m’en faire un repas… A la rigueur, et dans un cas de faim extrême dans une nature hostile, je pourrais peut-être encore pêcher (c’est du moins une approche qui me semble plus naturelle). Mais là encore, il faudrait que mon instinct de survie soit vraiment mis à rude épreuve…

Le luxe auquel vous ne renoncerez jamais ?

Manger un maximum de produits bio et locaux. La santé dans l’assiette passe avant beaucoup d’autres choses.

Quel geste écolo vous fait du bien ?

Avoir supprimé ma consommation de viande a eu un impact très positif sur mon moral et l’image que je pouvais avoir de moi même. Sortir de l’immobilisme et devenir un acteur du changement au quotidien est bien plus fort selon moi que de déposer un bulletin de vote dans une urne…

Celui qui vous enquiquine le plus ?

Lorsque c’est un geste écolo qui engendre un véritable sacrifice financier (on en revient à la problématique des vêtements par exemple)… je rêve d’un monde ou tout geste écolo serait accessible à tous sans distinction.

Votre plante préférée ?

La lavande, pour sa couleur et son parfum qui m’évoque à la fois les beaux jours et la sérénité. Il faut dire que mon flacon d’huile essentielle de lavande fait parti de mon quotidien et est un remède incroyable contre les insomnies et les grands stress.

Votre animal préféré ?

J’aime profondément tous les animaux, même les moins avenants car leur présence a toujours un sens pour l’équilibre de la Planète. Néanmoins, j’avoue avoir une passion ( presque envahissante) pour les chiens, pour les avoir toujours côtoyés, aimés et admirés profondément. Mon rêve absolu serait d’avoir un jour une meute composée de chiens âgés ou boiteux… ceux qui sont cabossés par la vie et ont moins de chance de trouver un adoptant. 

Votre climat préféré ?

Le climat méditerranéen pour sa douceur et ses senteurs.

Si vous étiez une source d’énergie ?

Le vent, pour essayer de pousser tout le monde, à commencer par moi même, vers un avenir plus positif et joyeux.

Votre principale peur environnementale…

La pollution des océans et la disparition de certaines espèces me terrorisent littéralement. J’ai une immense incompréhension face aux personnes capables de tourner en dérision la disparition des abeilles sous le seul prétexte qu’elles ne se sentent ni de près, ne de loin concernées par cet état de fait. Cette indifférence s’apparente à un véritable suicide programmé. 

La catastrophe écologique qui vous a le plus marqué ?

La dernière catastrophe nucléaire en date, Fukushima, a ravivé les plaies déjà béantes laissées par Tchernobyl près de 25 ans auparavant. Ce qui est effrayant, c’est que ces catastrophes flottent encore dans l’air, invisibles et assassines et nul n’ose imaginer les dégâts qu’elles continuent de faire partout dans le monde. Mais en débattre est aussi devenu tabou… comme lorsque l’on parle des désastres environnementaux et sanitaires des industries pharmaceutiques et agro-alimentaires. Les lobbies sont tellement puissants que les lanceurs d’alerte peinent à trouver un véritable espace pour s’exprimer.

Et vous, qui vous a donné envie de

vous engager pour la planète ?


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