Le Jour où Nous avions dit NON au Projet des 1 000 Vaches

Le Jour où Nous avions dit NON au Projet des 1 000 Vaches

Un an… Une longue et riche année s’est écoulée depuis ce jour où j’ai rejoint des centaines de manifestants dans la rue afin que le projet de la Ferme des 1000 vaches meure sous nos cris et ne voit jamais le jour.

Dire NON à l’inadmissible…

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Des manifestations contre la ferme des 1000 vaches partout en France. source : site

Un an où militants pour la cause animale et paysans engagés scandaient leur profonde indignation face au symbole d’une société déclinante, gangrenée par l’appât du gain et la mécanisation de masse.

Hier, les premières images de l’Usine d’Abbeville circulaient déjà sur la toile, vidéo brève et édifiante d’une immersion dans l’Enfer que certains appellent « progrès » … folie furieuse !

Nos espoirs en lambeaux, le « cauchemar des 1000 vaches » a tenu ses sombres promesses, justifiant à merveille nos angoisses passées et nos craintes pour l’avenir !

Mais comment avons nous sérieusement pu en arriver là ?

 

Le premier litre de lait est sorti de l’usine dans la nuit du 15 septembre dernier. Ambiance camps de la mort version bovin, les mammifères sacrés font la file indienne avant de s’introduire lourdement dans un manège à traite dont ils ne sortiront jamais.

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Lait industriel : une souffrance insoupçonnée source : site

Dociles en apparence, absents à leur pauvre sort, la caméra saisit pourtant un acte de révolte qui ne pouvait nous échapper: le bras mécanique qui aspire sans ménage les mamelles vient d’être éjecté d’un coup de sabot franc et spontané. Il faut dire que la traite mécanique cache pour la bête un lot de souffrances insoupçonnées.

Rappelons qu’en moyenne, ces usines produisent jusqu’à 10.000 litres de lait par an, un rythme insoutenable et contre nature pour l’animal qui développe des infections chroniques du pis appelées « mammites ». Sur ces mammites se forme du pus, appelé « cellules somatiques » dans la jargon scientifique de l’industrie laitière. Le taux de cellules somatiques d’un lait sain est inférieur à 100 000/ml, mais l’industrie laitière a le droit de mettre sur le marché du lait présentant un taux de 400 000/ml, taux qu’elle obtient péniblement en mélangeant des laits très contaminés avec des laits qui le sont moins. (cf document)

Le témoignage édifiant d’une étudiante en exploitation agricole

 

Il y a quelques années, une toute jeune étudiante en exploitation agricole a fait des vagues en révélant son expérience de stagiaire au sein d’une industrie laitière beaucoup plus modeste que celle d’Abbeville. Son blog (dont je vous mets le lien ici) dévoile sans filtre une réalité beaucoup moins drôle que ce que le sourire de la vache du célèbre fromage voudrait bien nous faire penser.

source : site

En plus de cette histoire de pus, on y entend les plaintes déchirantes des vaches auxquelles on a arraché prématurément le petit pour prendre un lait qui lui est naturellement destiné. On apprend que la nourriture donnée aux bêtes est en fait inadaptée à leur besoin, mais que le maïs qu’elles ingèrent quotidiennement augmenterait significativement leur production de lait. Une aubaine pour les producteurs, un calvaire pour l’animal qui souffre généralement de boiteries sévères dues au fait que l’ossature de la vache n’est pas assez solide pour porter autant de lait et supporter le poids d’un veau alors qu’elle même finit à peine sa croissance. 

A l’ère de l’élevage intensif, peu de chance que ces 1000 vaches n’échappent à la triste destinée de leurs congénères. D’autant plus qu’une telle concentration d’animaux en un même lieu rend inévitable l’usage constant de médications chimiques que l’on retrouvera a fortiori dans les laitages commercialisés. Sur la vidéo, on peut déjà entendre un employé crier à un autre de « Rattraper son retard » alors qu’ils sont en train de tirer le lait de façon mécanique et déshumanisée. Il est évident que ce ne sont ni les conditions de détention des animaux ni la qualité du lait produit qui préoccupent des ouvriers pris dans l’urgence d’une mécanique bien rodée.

Vitesse, efficacité, profit, stress…

 

on dit que l’espérance de vie moyenne d’une vache laitière ne dépasse pas les 5 ans (alors qu’une vache saine peut vivre jusqu’à 20 années). Mais à la Ferme des 1000 vaches comme ailleurs, le temps n’est plus à la compassion et ce lien jadis sacré entre l’homme et l’animal nous apparaît comme définitivement enterré.

…En parallèle, l’utilité d’une telle mise en scène est fragilisée par l’émergence de nombreuses études scientifiques affirmant les dégâts manifestes du lait de vache sur notre santé.

Finalement, à défaut d’une vraie victoire, nous avons déjà peut être commencé à gagner … 


1 Comment

  1. Détruisons la planète, détruisons les animaux, peut importe… du moment qu’on fasse du fric!!! Quelle misère!!!

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