Comment devenir « écolo » en 3 étapes

Comment devenir « écolo » en 3 étapes

De nos jours, « être écolo » inclut souvent une notion de raillerie, quand il n’est pas faussement associé à une forme d’élitisme. De plus en plus de consomm’acteurs aimeraient pourtant sauter le pas pour transformer leur quotidien. …


« Le choix de l’écologie n’est ni un caprice ni une lubie. Beaucoup d’entre-nous ressentent cette transition intérieure et l’urgence de changer ses habitudes sans savoir quels chemins emprunter. »


Alexandra Charton, Fondatrice du webzine Nouv'elle Nature et de l'entreprise Au Fil de l'Hêtre

Alexandra Charton, Fondatrice du webzine Nouv’elle Nature et de l’entreprise Au Fil de l’Hêtre

Une congrégation d’utopistes

À en croire les couvertures des magazines, Etre « écolo » relèverait plus d’un phénomène de mode que d’une véritable prise de conscience. Manger bio, s’initier à la permaculture, tendre vers le veganisme… autant de pratiques branchouilles, promues par une catégorie sociale aisée et ouverte sur le monde. À écouter les détracteurs climato-septiques, être écolo serait tout simplement tendance…de la même manière que l’on ressortirait nos espadrilles sous prétexte qu’elles sont de nouveaux dans l’air du temps. Etre écolo servirait aussi un sentiment communautariste… sorte de congrégation d’utopistes dont les dieux auraient le visage d’un Matthieu Ricard, d’un Pierre Rahbi ou d’un Nicolas Hulot. Enfin, l’écologie serait le radeau de sauvetage des doux rêveurs désenchantés, bien déterminés à enterrer l’ancien monde pour ne pas couler avec lui. En définitive, l’écologie est un terme galvaudé, éveillant chez beaucoup une préoccupation mineure et lointaine dont on aurait tort de s’alarmer.

Ni un caprice, ni une lubie

L’écologie devrait être le combat de tous pour des raisons largement démontrées par les géologues et scientifiques. Nous épuisons la Terre bien plus rapidement qu’elle ne peut se renouveler, des milliers d’espèces tendent à se raréfier ou disparaître, les maladies environnementales ne cessent de croître, le désastre écologique réduit de manière perceptible notre qualité de vie. Contrairement à ce que véhicule une certaine presse, l’écologie n’est pas un sujet glamour. Elle est avant tout la manifestation d’un malaise ou d’une incompréhension face à une norme pré-établie. Le choix de l’écologie n’est ni un caprice ni une lubie. Beaucoup d’entre-nous ressentent cette transition intérieure et l’urgence de changer ses habitudes sans savoir quels chemins emprunter. Afin de vous aider à y voir plus claire, je vous partage volontiers les 3 étapes majeures que nous avons mises en place pour tendre vers un mode de vie éco-responsable. Ces conseils sont des portes d’entrée importantes pour transformer positivement son quotidien. Mais beaucoup de personnes concernées par l’écologie choisissent évidemment d’autres voies tout aussi louables. (choix de transport propre, habitat partagé etc…)

Devenir « écolo » en 3 étapes!

 

Végétaliser son alimentation

« Si les abattoirs avaient des vitres, tout le monde serait végétariens ». Plus qu’un choix de raison, notre entrée dans le végétarisme fut avant tout un choix du coeur. Nous avions évidemment conscience du caractère polluant de la viande, dont la production implique la déforestation, l’augmentation des gaz à effet de serre ou le gaspillage des eaux potables dans le secteur agricole. Nous connaissions la responsabilité d’une consommation excessive de viande sur l’émergence de maladies dites de civilisation. Cette prise de conscience globale n’en demeurait pas moins dominée par un sentiment compassionnel accru pour ces milliards d’animaux décimés chaque année. Course au profit, abattage de masse, exploitation forcenée… il nous est toujours apparu qu’un changement de consommation restait le seul moyen d’endiguer un système décadent.

L’expérience du végétarisme a aussi eu une répercussion sur nos existences à bien des niveaux, dont ces 3 avantages prédominants. 

  1. Une très nette économie sur le budget course
  2. Un mieux-être physique et psychologique
  3. Une variété des aliments et des saveurs

Porter  une vision décroissante

Lorsque l’on parle de décroissance, beaucoup s’imagine la caricature de l' »anar » vomissant le système dans son intégralité. Pourtant, remettre en question une société productiviste et essoufflée est le terreau d’une réflexion neuve pour penser le monde de demain. La plupart d’entre-nous- riches ou non d’ailleurs – passe un temps phénoménal à amasser. Cette société, où se percutent frustration et gaspillage, a surtout conduit à faire de nous des matérialistes sans âme. C’est une des raisons qui nous a poussés à nous inscrire dans un réseau de communautés d’achat direct aux producteurs.  S’inscrire dans une AMAP est une démarche militante qui favorise une vraie notion de transparence. Elle est une solution aux problèmes économiques rencontrés actuellement par nos agricultures en leur permettant d’être rémunérés au prix juste. De la même manière, nous avons aussi choisi de faire confiance à des commerces qui viennent aussi soutenir une consommation cohérente. Ainsi, une épicerie zéro dechet permet d’avoir accès à des produits au poids, sans emballages superflus. Ce système est applicable dans bien d’autres domaines:  il nous arrive régulièrement de chiner dans les friperies pour refaire notre garde robe, ou bien de favoriser des petits créateurs pour accessoiriser mes tenues. Là encore, de multiples bénéfices peuvent être retirés comme :

  1. Une consommation cohérente qui limite les tentations
  2. Une implication active dans l’économie locale
  3. Un accès à des produits de qualité qui sauvent les petites entreprise
  4. Moins d’achats superflus qui conduisent à de vraies économies.

Favoriser le « Hand-Made »

La société consumériste dans laquelle nous évoluons nous assiste sur tout. Comme nous avons accès à tout en permanence, nous en oublions le labeur qu’il y a derrière, et la temporalité dans laquelle les choses s’inscrivent. Un des moyens de renouer avec cette notion de travail est de réapprendre à faire certaines choses par nous-mêmes. Plus qu’une simple mode, le retour au « fait-maison » s’inscrit dans une démarche responsable. La vie maintenant porte en elle une notion de rentabilité perpétuelle. Vous avez envie d’une quiche et votre frigo déborde de pâtes industrielles ? Prenez le temps de faire la pâte vous-même et constatez à quel point on peut être autonome et créatif. Réapprendre à cuisiner simplement par soi-même, fabriquer son baume à lèvres ou son nettoyant muti-usage naturel… ces habitudes simples et rapides permettent un regain de confiance en soi tout en générant du lien. De nombreuses plateformes de prêts et d’échanges fleurissent sur la toile en ce moment. Ils sont, à mon sens, des espaces qui repenseront les rapports marchands de demain tout en montrant des bénéfices multiples :

  1. Un retour au partage et à la gratuité
  2. Faire des économies durables en évitant les achats inutiles
  3. Réintégrer une forme d’autonomie jour après jour
  4. Favoriser les liens sur la base d’échanges constructifs et ludiques

Une utopie pour demain ?

Ces trois portes d’entrée vers un mode de vie responsable ne doivent pas être considérées comme une contrainte. Il s’agit d’en retirer les bénéfices pour notre santé, notre porte-monnaie et l’environnement. Ce mode de vie doit correspondre à une discipline heureuse, et l’acceptation de ne pas toujours être parfait. Il vous arrivera encore de faire des écarts, par égoïsme ou facilité. L’important est de poursuivre ce cheminement bienveillant et d’en apprécier les impacts sur nos vies. Une chose est certaine : on peut vivre autrement, on peut vivre avec moins sans ressentir la peur du manque ou la frustration. Fort heureusement, une communauté de colibris  engagés nous abreuvent de bons conseils jour après jour pour façonner le nouveau monde de demain.


Envie d’aller plus loin :

  • Plateformes de prêt, d’échange de biens et services

Mutum, Pretoo, Mytroc ..

  • Je mange mieux

La Recharge, La ruche qui dit oui, Day by Day, réseau des AMAP

  • Je soutiens les petits créateurs

Faubourg des Créateurs, Etsy, Alittlemarket

  • Trier, recycler, faire

Le meilleur du DIY, La fibre du tri, La cravate solidaire, Emmaüs, etc…

  • Je m’habille responsable

Le blog d’Orélie, Slowweare, Happy New Green


4 Comments

  1. Magnifique article…

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    • Merci beaucoup Magali. Votre commentaire nous touche beaucoup ! 🙂

      Reply
  2. Bonjour,
    Je viens de découvrir votre blog dans un petit magazine qui se nomme Naturelles et je suis sous le charme, votre article me touche de très près car il reflète ce que je vis en ce moment , votre article est si encourageant ! et si bien écrit merci !
    Marie

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    • Que dire … je suis très touchée par votre commentaire Marie ! Un grand merci à vous !

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